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Catherine et les Cafés Solidaires

Aujourd'hui je voudrais vous parler d'une rencontre, d'une personne, d'un projet...


Catherine aime les gens. Et Catherine a un grand et beau rêve : recréer du lien entre eux. Certes notre époque est un peu morose, mais elle pense justement que ça peut être l’occasion de se rapprocher les uns des autres, de travailler davantage ensemble, de renforcer le lien social, d’agir en considérant l’autre. Belle vision non ? Je la rejoins sur cette idée que le changement vient/viendra sans aucun doute des citoyens et non pas des politiciens ou autres institutions qui se sont un peu trop éloignées de leurs objectifs primaires. Nous avons les cartes en main. Un monde de possibilités s’offre à nous, il ne nous reste qu’à avoir le courage de saisir ces opportunités (et ça n’est pas si simple je vous l’accorde !).

« C'est la société civile qui va faire évoluer les choses. J'en suis convaincue ! »

C’est dans cette optique que Catherine a décidé de créer l’association Le mieux vivre ensemble. Ne cherchez pas plus loin, l’objectif de cette asso est bien de créer, valoriser, favoriser des actions en faveur du lien social. Et c’est ainsi qu’elle a décidé de créer les Cafés Solidaires à Grenoble. Un concept intéressant, qui nous arrive tout droit d’Italie. Eh oui, c’est à Naples que les premiers « caffè sospeso » (cafés suspendus) ont vu le jour. Le concept s’est ensuite étendu à d’autres villes européennes. Et aujourd’hui c’est à Grenoble que Catherine nous offre la possibilité de contribuer à ce mouvement. Comme elle le dit : « Aujourd'hui on n'est plus dans la rentabilité à tout prix. Avant c'était le travail économique qui était le moteur, maintenant on se demande comment faire mieux avec moins, comment consommer mieux avec moins. On n'est plus dans le "pour" mais maintenant on travaille "avec". »


Ok, donc voilà d’où vient l’idée… mais ça consiste en quoi exactement ces Cafés Solidaires ? Le principe est simple : dans un bar vous payez un café, mais vous ne le consommez pas. Il est donc "suspendu" jusqu'à ce qu'une personne vienne en profiter, sans avoir à le payer (puisque vous l'avez fait...).

Pour en savoir un peu plus j’ai rencontré Catherine au John’s Bar, dans l’hyper-centre de Grenoble. A deux pas de l'arrêt de tram Hubert Dubedout, de la place Grenette et des rues piétonnes, ce café est vraiment un lieu cosmopolite où toutes les générations et toutes les classes sociales se croisent. Quand Catherine est venu présenter son projet à Frédéric, le patron du John’s, il a tout de suite adhéré à son idée ! Ici les cafés suspendus sont identifiables par des tickets de caisse tamponnés du bar (on peut donc même aller les donner à quelqu'un de notre choix, qui pourra venir consommer son café quand bon lui semble !) et accrochés devant la caisse.


Je craignais que ce concept puisse être perçu négativement par les personnes recevant le café... Catherine me rassure et m'explique que si le concept fonctionne, c'est bien parce qu'il crée du lien entre les personnes et que chacun y trouve son compte : « Dans les Cafés Solidaires, la personne qui offre le café participe à faire du bien aux autres... mais en même temps elle se fait du bien à elle-même. Ça rejoint cette idée que nous sommes interdépendants les uns des autres. Pour la personne qui va recevoir le café, il y a un double aspect : accepter ce café lui redonne une utilité sociale, une forme de réinsertion. Elle est considérée. Et en même temps ça lui donne envie de donner à son tour, d'être plus vigilant, d'être plus ouvert. C'est donnant-donnant. Ça permet de créer un échange. Ça n'est pas de la charité ! C'est un lien. »

Pour l'instant il y a une dizaine de cafés à Grenoble qui participent au mouvement. Vous pourrez les repérer par l'affiche apposée en vitrine (malheureusement pas toujours facilement visible...). Et espérons que ce nombre ne fera que grandir. D'ailleurs Catherine a déjà étendu le concept aux Baguettes Solidaires (je ne vous fait pas de dessin, vous devriez avoir compris le concept !). Pour l'instant, 5 boulangeries proposent ce service.


Avant de partir, je vais tout de même poser 2/3 questions à Frédéric, le patron du bar, pour avoir son retour sur l'expérience. Visiblement il est très content, à la fois du concept, mais aussi du déroulement dans la pratique. Il a pris le parti de faire peu de promo du service, pour que les clients ne se sentent pas forcés d'acheter un café solidaire. Néanmoins, ça fonctionne ! Il a toujours quelques cafés suspendus. Les personnes qui en profitent ne sont pas toujours les mêmes. Pour lui c'est un geste responsable à avoir, car il faut toujours garder à l'esprit que le malheur et la précarité peuvent toucher tout le monde, à n'importe quel moment. C'est donc indispensable selon lui de se montrer ouverts et solidaires.

Voilà. Connaissiez-vous cette initiative ? Avez-vous déjà offert ou reçu un café solidaire ? Je trouve que le concept est intéressant et ultra simple à mettre en œuvre. Mais je reste tout de même réservée sur la distinction entre charité et lien social... 

Qu'en pensez-vous ?



Voici la liste des établissements partenaires (à jour du 24 novembre 2014) :

1. Cafés Solidaires

  • Le John’s bar - 11 rue de la République
  • Le Café du Pont - 1 rue de Lionne/angle quai Créqui
  • El Hana - 19 rue Chenoise
  • Le Marine - 9 place André Malraux
  • Le Centenaire - place Notre-Dame
  • Le Diférent - 4 place Sainte Claire
  • Au Bien-être - 1 place Championnet
  • Le Telex- 1 Bd Maréchal Lyautey
  • Le Tendance café - 12 bis avenue Jean Perrot
  • Le Tendance grill - 1 rue Montaigne/Bd Clémenceau
  • Côté Sud - 53 avenue Jeanne d’Arc
  • Le Molière - 10 cours Berriat


2. Baguettes Solidaires

  • Le Fournil Notre Dame - place Notre Dame
  • Le Fournil de la Capuche - 47 rue de Stalingrad
  • Le Blé d’Or - 105 et 118 avenue Léon Blum
  • La Fabrique - 42 avenue Alsace-Lorraine
  • Le Fournil - avenue du Vercors (Grand Pré) à Meylan


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